Vie de chantier :
Un jardin « Basse Consommation » sort de terre !
Pascal RENAUD
Fondateur
GRANDIFLORA
Qu'est-ce qu'un jardin « Basse Consommation » ?
C’est un clin d’œil au Bâtiment Basse Consommation ! Le "Jardin Basse Consommation" (JBC) est conçu pour venir compléter ce type de bâti. Comme la maison BBC consomme moins d’énergie, le JBC consomme moins d’eau et permet une meilleure gestion de cette ressource précieuse.
Un JBC est conçu grâce une analyse très précise de son environnement. Une maison, quelle qu’elle soit, crée nécessairement un microclimat autour d’elle, avec par exemple des zones d’ombre. Toute plante peut vivre sans engrais et sans traitement, à condition qu’on lui ait assigné la place qui lui convient dans le microclimat entourant la maison. Le résultat, c’est un jardin qui n’a pas besoin d’entretien, car chaque plante pousse parfaitement où elle est. Pas besoin d’argent, de temps ou d’intervenant extérieur pour prendre soin du JBC.
Enfin, le "Jardin Basse Consommation" fonctionne selon une logique durable : réutilisation de l’eau, compostage des déchets ménagers, paillage (avec une réutilisation des déchets du jardin).
Présentez-nous le jardin Villavenir + Atlantique. Qu'est-ce qui a guidé les choix effectués pour le réaliser ?
Chaque maison dispose d'un jardin. Ces jardins font partie d'un ensemble plus vaste, l'éco-quartier Erdre-Porterie et doivent ainsi répondre à ses règles : par exemple les plantes doivent être originaires de la région.
Afin de ne pas envahir les petites parcelles, nous avons choisi de ne pas planter des haies bocagères traditionnelles là où l'espace est réduit mais plutôt des plantes grimpantes. Enfin, pour en faire des lieux de plaisir, nous allons planter des arbres fruitiers qui profiteront aux locataires.
Quand le jardin sera-t-il terminé ?
Nous devons attendre que les travaux des maisons soient complètement achevés. Nous travaillerons de mi-mai à début juin et assurerons la livraison pour l’inauguration le 6 juin. Bien sûr la pelouse ne sera pas encore levée mais tout sera planté.
Qu'en sera-t-il de l'entretien pour les futurs habitants ?
Grâce au choix de végétaux parfaitement acclimatés, il y aura très peu d’entretien. Aucun engrais ou traitement n’est nécessaire. Il faudra surveiller la pousse de la pelouse la première année, avec un arrosage assidu. Il faudra également veiller à ce qu’il y ait toujours du paillage, au pied de chaque plante, afin de réguler l’hydrométrie, protéger du gel en hiver et éviter la pousse des mauvaises herbes. Enfin, au départ, il faudra aiguiller la pousse des plantes grimpantes. Mais par la suite, l’entretien nécessitera très peu de temps et très peu d’argent.
Pour consulter la vidéo des jardins en 3D, cliquez ici.
Grandiflora.fr
Comment s'est déroulé la mise en oeuvre des tuiles photovoltaïques ?
Christophe RICHARD
Dirigeant
CGM COUVERTURE
Pouvez-vous nous présenter brièvement votre entreprise ?
Nous sommes implantés à Montbert (44) et employons 11 personnes, dont 9 couvreurs. Spécialisés dans la pose, l’entretien et la rénovation de tous les types de toitures, neufs ou traditionnels, nous nous sommes installés dans de nouveaux locaux en juin 2012 et avons tenu à y installer une salle d’exposition pour que nos clients puissent découvrir nos produits et effectuer leur choix. Cela nous permet également de mettre en avant notre métier.
Quelle a été votre intervention sur le projet Villavenir + Atlantique ?
Nous sommes intervenus sur les deux maisons Maçonneries du projet Villavenir + Atlantique. Nous avons posé les tuiles noires sur ces deux maisons ainsi que 30m² de tuiles photovoltaïques KoraSun®, un système conçu par la société Wienerberger. Un électricien est ensuite intervenu pour poser les onduleurs et raccorder le système KoraSun® au réseau EDF.
Quelles sont les contraintes et difficultés de mise en œuvre ?
C’était la première fois que nous posions ce système et nous sommes rapprochés de Wienerberger qui nous a envoyé un démonstrateur pour nous expliquer la mise en œuvre. Il se trouve que le système est très simple à mettre en place. Les tuiles photovoltaïques sont de même dimension que les tuiles en terre cuite Koramic® ; elles sont conçues selon le même moule et s’emboitent parfaitement.
Ainsi il n’y pas de problème de raccordement, ni de problème d’étanchéité. Cela permet également une uniformité et donc de très bons résultats au niveau esthétique. En somme, pas de difficultés ou de contraintes car le système est très bien conçu.
Interviendrez-vous pour l’entretien et les réparations éventuelles ?
Nous interviendrons bien évidemment pour l’entretien et le nettoyage de la couverture. Nous conservons un stock de tuiles dans nos locaux à Montbert et pourront ainsi procéder si nécessaire à d’éventuels remplacements.
UN CHANTIER EXEMPLAIRE
EN MATIERE DE VALORISATION DES DECHETS
Interviews croisées de Brice TCHANQUÉ et d'Isabelle MOREL
Brice TCHANQUÉ, Eco-conseiller, FERS - GROUPE BRANGEON
Pouvez-vous nous présenter brièvement votre entreprise et votre activité ? Quels services proposez-vous en matière de gestion des déchets ?
Filière du Groupe BRANGEON, la société FERS est spécialisée dans la collecte, la gestion et la valorisation des déchets pour les sites industriels, le BTP et les collectivités. Nous travaillons avec les villes de Bouguenais, Carquefou ou Saint-Herblain par exemple. Nous sommes basés sur un éco-site à Rezé tandis que notre siège social se trouve à Cholet. Nous intervenons sur 4 départements : la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire, la Vendée et les Deux-Sèvres. FERS dirige au total 7éco-sites répartis sur ces départements.
Nous collectons les déchets valorisables et les déchets tout-venant ou ultimes. Les déchets valorisables (carton, plastique, métaux, ferrailles, papier) sont triés sur nos éco-sites, mis en balles et revendus comme matière première pour diverses industries. Les déchets tout-venant (bois, végétaux, gravats et déchets dangereux) sont valorisés au mieux. Nous travaillons avec l’incinérateur de la Prairie de Mauves à Nantes : les déchets ultimes y sont brûlés et l’énergie produite par l’incinération est récupérée pour servir au chauffage des logements sociaux à proximité. D’autres déchets ultimes sont enterrés sur notre centre d’enfouissement technique. Le bois est quant à lui broyé. Il peut être réutilisé pour faire des agglomérés ou bien utilisé comme tel par des chaufferies municipales ou sociales.
Notre activité inclut une dimension de conseil : tous nos commerciaux sont des éco-conseillers à même d’orienter les industriels vers des solutions plus "propres". Nous les aidons à suivre le taux de valorisation annuel de leurs déchets et à améliorer leur incidence carbone sur l'environnement.
Quelle est votre action sur le chantier Villavenir + Atlantique ?
Notre ambition sur Villavenir + Atlantique, en collaboration avec la FFB, est de faire en sorte que l’impact carbone du chantier soit minimal avec une valorisation des déchets plus importante que sur un chantier classique. Nous visons de manière implicite les normes « Chantier Vert » et le label « Haute Qualité Environnementale ». Nous nous sommes fixés un objectif chiffré pour Villavenir + Atlantique - valoriser au minimum 75% des déchets du chantier - et nous estimons aujourd’hui qu’au terme des travaux nous aurons dépassé cet objectif.
Nous sommes d’abord intervenus en amont pour la formation des chefs d’entreprises opérant sur le chantier. En coordination avec la FFB, nous avons diffusé des prospectus d’information, des guides de tri et avons surtout mis au point un affichage spécifique sur le chantier pour aider les nombreux intervenants au tri. Nous avons également envoyé des auditeurs spécifiques pour le suivi des opérations de tri sur le chantier.
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Les cartons et plastiques collectés sur le chantier ont été triés sur notre site de Rezé, reconditionnés et recyclés. Le carton part chez un papetier à Tours, tandis que le plastique est réutilisé comme matière première dans l’industrie du plastique pour faire des emballages ou des contrepoids de machine à laver (selon sa qualité).
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En ce qui concerne les déchets dangereux, ils ont été incinérés pour une valorisation énergétique, à l’exception des aérosols qui ont été débarrassés de leur cartouche de gaz et dont l’aluminium a été recyclé.
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Le bois a été broyé et envoyé à un panneautier (pour faire des panneaux agglomérés) et à un cimentier (pour alimenter la chaudière).
Le chantier de Villavenir + Atlantique est particulier en cela qu’il présente trois typologies de construction très différentes : il génère donc des déchets également différents, plus d'intervenants et potentiellement plus d’erreurs lors des opérations de tri. C’est pour cela que la dimension formation de notre intervention a été particulièrement importante sur ce projet.
Isabelle MOREL,
Chargée de mission Environnement et Métiers
FFB Pays de la Loire
Quelles sont les actions menées par la FFB en Pays de la Loire pour la gestion des déchets de chantier ? Quels outils mettez-vous à disposition de vos adhérents ?
La FFB travaille depuis de nombreuses années à l’amélioration de la gestion des déchets de chantier et à la diffusion de bonnes pratiques sur la maîtrise des nuisances de chantier en général. Elle propose à ses adhérents des réunions de sensibilisation, ainsi que des formations (par exemple : « comment rédiger un mémoire avec critères environnementaux », « Les éco gestes », « Les chantiers à faibles nuisances »…).
Des outils sont mis à leur disposition via le site
www.dechets-chantier.ffbatiment.fr : ils peuvent ainsi identifier le ou les sites d’accueil ou de collecte des déchets du BTP les plus proches de leur chantier, mais également télécharger des notices techniques, des brochures d’information, des documents administratifs (bordereaux de suivi…), des logotypes de signalisation des déchets et des vidéos de sensibilisation pour tous les acteurs de la construction.
La FFB aide également les entreprises à répondre aux exigences des maîtres d’ouvrage : suivi individualisé, formations, mise à disposition d’une trame de notice environnementale, ainsi qu’un accompagnement dans l’identification des nuisances et dans la formalisation de leur réponse.
Enfin, la FFB participe activement à l’élaboration des Plans départementaux de Prévention et de Gestion des déchets du BTP, pilotés par les Conseils Généraux.
Sur le site Villavenir + Atlantique, quelles actions avez-vous menées?
Une charte « chantier à faibles nuisances » a été rédigée et signée par les entreprises du chantier. Tous les intervenants se sont engagés à mesurer leur impact sur l’environnement et à concevoir des solutions pour le réduire. Une sensibilisation des compagnons est réalisée de manière régulière sur le chantier et une signalétique permet de faciliter le tri.
Un contrat de collecte des déchets a été signé avec l’entreprise FERS afin de valoriser le maximum de déchets et ainsi limiter l’empreinte carbone de l’opération.
LA RT 2012 ET L'ETANCHEITE A L'AIR
François MAGALDI
Conseiller éco-construction
ALTROS INGENIERIE
1. Quelles sont les nouvelles exigences phares de la Réglementation Thermique (RT) 2012 ? Quelles en sont les modalités d'application ?
La RT 2012 est entrée en vigueur le 1er janvier 2013. Elle vise à limiter de façon drastique la consommation d’énergie des bâtiments. La RT existe depuis de les années 70. Jusqu’à présent chaque révision de la réglementation envisageait une baisse d’environ 10% de la consommation d’énergie. La RT 2012 fait un pas de géant et impose une consommation d’énergie maximale (50 kWh/m²/an) qui est trois fois inférieure à ce qu’exigeait la RT 2005 (la dernière en date).
Pour atteindre ces objectifs ambitieux, la RT 2012 exige la réalisation d’une étude thermique antérieure aux travaux d’une nouvelle maison. Il est désormais obligatoire de remettre l’attestation de cette étude pour l’obtention du permis de construire. A l’achèvement des travaux, un test d’étanchéité à l’air doit impérativement être réalisé par un opérateur agrée.
La RT 2012 concerne uniquement les bâtiments neufs. Les maisons rénovées ne sont pas encore soumises à la réglementation. La rénovation thermique performante d’un bâtiment est plus complexe et risquée que pour un bâtiment neuf. Il s’agit dans un premier temps pour les professionnels du bâtiment de se familiariser avec le niveau d’exigences de la RT 2012 et d’acquérir de l’expérience avec la construction de bâtiments neufs avant de pouvoir l’appliquer à la rénovation.
2. Quel est le rôle du test d'étanchéité à l'air ? En particulier pourquoi faire un test intermédiaire ?
Le test d’étanchéité à l’air vise à identifier, mesurer et quantifier les fuites d’air parasites dans un bâtiment neuf. Il s’agit de vérifier que les entrées et sorties d’air dans la maison se trouvent uniquement là où elles doivent se trouver pour éviter toute déperdition de chaleur dans la maison et assurer une consommation énergétique minimale. La RT 2012 fixe le seuil de fuites admissible à 0.6 m³/ heure/ m² pour une maison individuelle.
Il est indispensable d’effectuer un test d’étanchéité intermédiaire. On ne voit pas à l’œil nu l’air entrer et sortir du bâtiment et les fuites éventuelles sont presque impossible à évaluer. Les entreprises travaillent de ce point de vue à l’aveugle. Le test intermédiaire permet d’identifier les éventuelles fuites rapidement pour pouvoir effectuer les corrections nécessaires à moindre coût. Le test final permet d’établir un résultat, une performance. Mais lorsque les cloisons sont posées et les finitions terminées, il est beaucoup plus difficile d’identifier d’où viennent les fuites et donc d’y remédier.
3. Gérer les interfaces entre les différents intervenants du chantier, est-ce important pour atteindre les objectifs RT 2012 et réussir le test d'étanchéité ?
Les fuites d’air interviennent principalement là où il y a une jonction entre des matériaux ou avec des équipements. La fuite peut par exemple se trouver à la jonction entre un élément de maçonnerie et un élément de menuiserie. C’est pour cela que le passage de relai entre les différents intervenants du chantier, entre les différents métiers en présence est essentiel. Le maçon doit travailler avec le menuisier pour assurer la parfaite jonction des matériaux et ainsi éviter les éventuelles fuites d’air.
Il s’agit pour tous les intervenants d‘avoir une vision globale du projet. Les nouvelles obligations de résultats de la RT 2012 imposent aux intervenants de travailler en concertation et de porter ensemble une attention particulière aux détails.
4. Le projet Villavenir + Atlantique est-il pour vous un cas d'école en matière de performance thermique et d'étanchéité à l'air ? Quelles sont les spécificités du site dans ce domaine ?
Villavenir + Atlantique se projette dans le futur et veut relever un défi de taille en matière de performance thermique. La RT 2012 constitue déjà une réglementation exigeante mais Villavenir + Atlantique veut aller au-delà et se projette déjà vers le futur référentiel RT 2020. Le projet effectue un second pas de géant. L’exigence d’étanchéité sur Villavenir + Atlantique est encore divisée par deux, à 0.3 m³/h/m².
Par ailleurs, le projet devrait également permettre d’étudier le fonctionnement de ces nouveaux bâtiments à énergie positive. Le fonctionnement des systèmes de chauffage et surtout de ventilation dans un cadre de consommation énergétique minimal est, en effet, peu connu.